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Il ne s’agit pas d’exproprier les paysans de leurs terres, il s’agit de les doter de moyens.

L’échec de la mise en oeuvre de la goana que le Président de la République a reconnu en incriminant les intermédiaires et les attributions inconsidérées des terres de la communauté rurale de MBane qui défraient la chronique ont montré les limites et les défauts du plan goana. La goana s’est révélée comme un instrument pour enrichir des hommes et pour exproprier les populations autochtones de leurs terres. Nous avions averti, dans nos contributions précédentes, le Président de la République sur les conséquences négatives que pourrait entraîner une mauvaise introduction de cette initiative au détriment des populations autochtones en le priant à être le gardien de la grande offensive agricole pour la nourriture et l’abondance ! Nous sommes toutefois dans le regret de constater que le Président de la République se fourvoie encore. Il est entrain de recréer les mêmes intermédiaires par la syndicalisation des paysans et de continuer à exclure les paysans du crédit agricole par sa banque verte malgré tout le semblant d’un discours innovateur. Toutes les politiques agricoles centrées sur les belles notions d’autosuffisance alimentaire, de sécurité alimentaire et aujourd’hui de souveraineté alimentaire ont pêché par leur mise en oeuvre.

L’exemple de la compagnie sucrière sénégalaise (CSS) nous a édifié sur les inconvénients de la mise en oeuvre d’une politique agricole qui ne tient pas compte des intérêts des populations locales. Elles ont été expropriées de leurs terres qui étaient leurs seules sources de revenus au nom d’une modernisation de l’agriculture et d’hypothétiques créations d’emplois. Les effets d’un contrat et d’un monopole qui durent depuis 40 années ont confiné nos parents à exercer leurs activités agricoles sur des surfaces réduites voire des lopins de terre (0,3ha). Les enseignements tirés de cette situation doivent nous conduire à prendre toutes les mesures et précautions nécessaires pour que l’introduction de la goana, de la culture de « tabanani » et le projet de la nouvelle raffinerie sucrière du puissant milliardaire nigérian Alhaji Aliko Dangote pour une surface de 40.000 ha dans le département de Dagana ne reproduisent pas les mêmes impacts négatifs.

Nous pensons que toute introduction d’un plan agricole doit associer et impliquer directement les populations locales. Les expériences passées peuvent nous guider quant à nos choix pour mobiliser la force paysanne, qui est le seul support capable d’assurer l’efficacité de la goana de manière durable. Il ne s’agit pas d’exproprier les paysans de leurs terres par l’arrivée massive d’opérateurs agricoles du dimanche. Il s’agit de les accompagner et de les encadrer en mettant à leur dispositions du matériel agricole, des semences, des engrais, des produits phytosanitaires pour accroître leur production et leur productivité mais aussi de créer en aval des structures d’écoulement de leurs produits. L’agriculture dans le département de Dagana ne souffre pas de pénurie de main d’œuvre mais d’encadrement technique et managérial, d’aménagement et de modernisation. Nous pensons que pour des raisons d’équité et de justice sociale le matériel agricole doit être géré par les communautés rurales à travers les sections villageoises, les coopératives ou par des sociétés de prestations de services agricoles pour que tous les paysans puissent en profiter. De la production à la commercialisation en passant par la conservation et la transformation des produits agricoles, l’Etat doit encourager l’émergence de structures publiques ou privées où participent les populations locales pour garantir l’opérationnalité de la goana. Il ne s’agit pas de donner gratuitement le matériel agricole qui est une dette contractée par l’Etat que tous les sénégalais doivent payer, mais d’organiser la participation des populations locales bénéficiaires pour financer leurs activités agricoles et rembourser la dette. Nous avons déjà proposé, avant la fameuse banque verte du Président, une banque des pauvres chargée d’organiser la participation des paysans dans le financement et la modernisation de l’agriculture mais aussi dans le remboursement de la dette. Il faut organiser la paysannerie dans des structures publiques et privées modernes qui lui permettent d’être compétitive. Les ministres et cadres bénéficiaires des terres de MBane étaient avant 2000 fauchés, c’est en faveur de l’alternance qu’ils puissent prétendre investir des millions voire des milliards. Les populations de MBane et du département de Dagana ne demandent que ces faveurs. Prêtez nous 20 milliards F CFA, Monsieur le Président de la République, nous allons développer l’agriculture dans tout le département de Dagana en assurant la sécurité et l’autosuffisance alimentaire à tous les sénégalais. Avec 20 milliards F CFA nous faisons du département de Dagana, qui héberge le port de Rosso, la deuxième porte d’entrée du Sénégal, un pôle de développement attractif et compétitif qui entraînerait toute l’économie nationale. Dotez les paysans de moyens financiers et techniques pour exploiter leurs terres, au lieu de leur exproprier les terres. Nous exigeons la restitution de toutes les terres affectées aux ministres et cadres à la communauté rurale de MBane. Nous invitons les autorités départementales et tous les cadres du Walo à mettre en place un comité scientifique pour la gestion efficiente des terres et des eaux du Walo pour prévenir des conflits qui se profilent à long terme. Le foncier représente un enjeu important dans l’avenir du département. La présence de deux raffineries sucrières, la culture de « tabanani » et la mise en oeuvre de la goana risquent de poser d’énormes problèmes dans la gestion des terres et des eaux dans le département.

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3 commentaires pour “Il ne s’agit pas d’exproprier les paysans de leurs terres, il s’agit de les doter de moyens.”

  1. Adiou dit :

    Bonjour,
    Merci pour vos rélexions pertinentes sur la situation économique du Sénégal. Il faut que les cadres du pays empruntennt la même voie pour la production d’une vision endogène du développement qui puisse aider notre pats à sortir de l’ornière.

  2. adibbouk dit :

    Bonjour,
    si vous etes à la recherche de documents ayant trait à l’intelligence économique, à la veille ou au knowledge managment,
    vous trouverez votre bonheur sur le site du professeur luc quoniam
    A bientot :)

  3. adibbouk dit :

    Bonjour,
    si vous etes à la recherche de documents ayant trait à l’intelligence économique, à la veille ou au knowledge managment,
    vous trouverez votre bonheur sur le site de luc quoniam
    A bientot :)

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